« « Encore des mots, toujours des mots” : enjeux du travail catégoriel en contexte militant et éducatif » (Selene Monfort et Noémie Trovato)
Résumé de la séance :
À la lumière des réflexions militantes et institutionnelles sur le pouvoir accordé aux mots, récemment réactualisées par la [politique sémantique] de Trump aux États-Unis, nous proposons dans cette communication de revenir sur les enjeux du travail catégoriel effectué dans les contextes militants et éducatifs. Si « mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde », comme l’écrivait Camus en 1944, il peut faire sens d’interroger le poids des mots par la catégorisation des objets et concepts du monde. On se focalisera précisément sur la terminologie des violences sexistes et sexuelles (Zaccour & Lessard, 2021) dans un contexte préventif et éducatif, ainsi que sur les métadiscours de militant·es antivalidistes qui font la part belle au choix des mots dans la (dé)pathologisation de certaines conditions.
Il s’agira, pour nous, de réfléchir à la théorie du langage-action en questionnant les théories de la nomination (Moirand, 2011), les différents procédés de correction discursive comme le « politiquement correct » (von Münchow, 2021), et la nécessité de « bien choisir ses mots », pensée comme véritable processus didactique. On discutera, enfin, les limites de cette activité de catégorisation (Marignier, 2018) et la place accordée à la lutte lexicale en contexte militant et éducatif : nommer, est-ce toujours prévenir ? renommer, est-ce toujours guérir ?
